Consultante et conférencière experte dans les enjeux d’intégration de l’Intelligence Artificielle en entreprise, Morgane Soulier s’est emparée des outils génératifs pour explorer un nouveau territoire. Celui d’un art né du dialogue entre humain et machine. Ses oeuvres empreintes de douceur et de féminité ont été générées avec le programme d’IA Midjourney. Une vingtaine d’entre elles est exposée à la galerie Art de Claire jusqu’au 31 octobre.
Comment l’IA a révélé votre créativité ?
Je cherchais à comprendre comment fonctionnent les outils d’intelligence artificielle générative pour accompagner au mieux mes clients dans la compréhension des outils. J’ai testé Midjourney, une IA qui génère des images et finalement ma créativité a pris le dessus. Je suis tombée dans un univers que me passionnait. J’ai découvert que j’avais en moi des choses à exprimer que j’ignorais complètement.
Ces oeuvres pastel et oniriques vous ressemblent-elles ?
Absolument. Quand j’ai commencé à travailler avec l’IA, j’ai réalisé que je n’avais rien de torturé en moi. Tout est doux, lumineux, porté sur l’imaginaire. Ça m’a fait du bien et je crois que ça touche aussi les autres.
Avec une figure féminine centrale ?
C’est une femme qui à l’air assez sûre d’elle et qui s’assume. « La femme qui se noie » est une métaphore des ces moments où l’on perd pied, mais où l’esprit résiste. « Cotton Girl », est une femmes dans les nuages, qui avance malgré tout. Ces deux oeuvres ont été réalisées spécialement pour la galerie Art de Claire.
Vous-même avez vous été élue parmi les 40 femmes d’exception Forbes 2025.
Je pense que c’est pour mon parcours de vie et la projection dans l’avenir. Le fait d’être experte sur un enjeu sociétal qui va remplir nos préoccupations et qui va transformer nos vies.
Quel est le plus grand défi ?
Le danger, avec l’IA, c’est de ne plus réfléchir, de se contenter de résultats faciles. J’ai mis par exemple un mois à créer la « Petite fille à la balançoire ». J’avais une idée en tête mais la manifestation du prompt n’était pas au niveau de ce que je voulais. Il a fallu que je décrive au mieux ce que je voulais avoir.
Les artistes doivent-ils craindre l’IA ?
Je n’oppose absolument pas l’IA aux autres formes d’art plus anciennes. Je pense que chaque art à sa place. Il y aura toujours des peintres, des photographes extrêmement talentueux. Quand le street art par exemple est arrivé, ça n’a absolument pas remis en question les autres formes d’art. Il y a de la place pour tout le monde. L’IA est simplement un nouveau medium.
Vous voyez l’avenir en rose ?
Je ne suis absolument pas ni techno optimiste ni techno pessimiste. J’essaie vraiment d’analyser les enjeux numériques. Je que bon gré mal gré de toute façon les outils de l’IA vont être de plus en plus omniprésents dans notre vie. Du coup, je veux vraiment essayer de comprendre la société pour m’y adapter au mieux, accompagner aux mieux ces choix de société.
Quelles sont les nouvelles possibilités créatives ?
Il va y avoir de nouveaux outils. La vidéo va venir prendre le relais. Le cinéma va se développer en parallèle avec l’intelligence artificielle et il va y avoir des ponts qui vont se faire entre toutes les formes d’art. Je fais moi-même des courts-métrages 100% réalisés avec l’intelligence artificielle. C’est fabuleux.
Auteur : Delphine GOUATY
Photographie : D. GUATY
